Les Aigremonts

Perché au sommet du coteau de la rive droite de la Riolle, face au village de Bournan, le manoir des Aigremonts, si on le regarde du bord du cours d’eau, se devine à peine dans son écrin de verdure. Il faut remonter jusqu’au bourg, sur la rive opposée, pour découvrir, au milieu de son mur de clôture et du parc qui y est inclus, les trois bâtiments qui constituent le manoir. A vrai dire, si l’on veut voir les Aigremonts, c’est des Roches qu’on a la vue la plus belle; car elle donne accès à la façade principale du corps de logis. (Fig 1,2 et 3)

Cliquer sur les images pour les agrandir. Les refermer en cliquant sur la croix en haut à droite.

Ce logis, orienté nord-sud, donc perpendiculaire à la Riolle, est prolongé au nord par un pavillon en légère saillie. Ce manoir pittoresque fut transformé en ferme dont une photo (Fig 4) illustre le texte qu’André Montoux (1) consacra à ce lieu dont l’architecture ne laisse pas indifférent. (Fig5)

Cet auteur précise en 1974: « Les fenêtres, plus ou moins remaniées, n’offrent aucun intérêt, mais les combles sont éclairés par de hautes lucarnes à fronton triangulaire qui suffisent à donner du cachet à cette modeste demeure. » Il est vrai que la façade actuelle, avec ses fenêtres à meneaux, modifie l’allure et le statut du bâtiment. Pour R. Ranjard (2) les Aigremonts dateraient du 16e siècle ce dont semble douter A. Montoux compte tenu de l’austérité de la façade.

Carré de Busserolle (3) signale que le manoir (figurant sur la carte de Cassini 1757-1815) était propriété des seigneurs d’Aigremont au 14e siècle. Il fut ensuite possédé par Guillaume de la Marck, chevalier, seigneur de Sainte Maure décédé le 20 mai 1516. Vers 1650 Charles de Fourateau en est seigneur. Le manoir quittera la famille en 1699 pour revenir à Charles Lacordaise, Commissaire aux revues, puis à la famille Dangé d’Orsay, également propriétaire de Grillemont, Bagneux, et du château de Verger de Vou. René François Dangé d’Orsay, maréchal des camps du roi, fut l’avant dernier lieutenant du roi à Loches en 1785.

Pour revenir aux bâtiments eux mêmes, André Montoux signale la tourelle rectangulaire sur la façade ouest et abritant un « escalier de pierre à rampe droite aux marches très usées », et souligne la belle charpente de chêne qui supporte la toiture. Montoux, dont on connait l’intérêt pour les souterrains refuges du sud-lochois, ne manque pas de faire état des marches qu’on trouve au milieu de la cour, à l’est, et qui « conduisent dans une sorte de cave creusée dans le rocher…On remarque notamment des entailles dans les murs, des niches, et une galerie coudée et étroite conduisant à une chatière qui donne à mi-hauteur dans le puits ». (Fig 6,7 et 8)

Le lieu a été récemment rénové et agrémenté d’équipements de qualité (piscine chauffée). Il est proposé à la location pour des séjours de grand confort dans notre magnifique Touraine. Nous reproduisons ci dessous quelques illustrations qui témoignent de l’architecture intérieur du lieu, telles qu’elles figurent sur le site de location. (Fig 9,10,11,12)

Bibliographie

1- Montoux A. Vieux logis de Touraine. 1974. Tome1, 46-47

2- Ranjard R. Touraine archéologique 1930 Maillocheau edit

3- Carré de Busserolle J-X Dictionnaire géographique, historique et biographique de l’Indre et Loire. 1878 Floch Edit (1966)

1 réflexion sur “Les Aigremonts”

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *